Naissance du printemps
Pourquoi passer six mois sabbatiques à Séville ? La question souvent posée se résout dans une réponse simple : pour voir le printemps arriver.

Séville, insupportable en été et bien humide en décembre et janvier, ne vit que pour le printemps. Nombre de poètes ont chanté cette saison bénie, et on doit y voir surtout un sens symbolique qui se décuple en Andalousie : c’est le retour de la vie, la naissance d’un monde chaque fois neuf, l’espérance d’une résurrection annuelle des âmes et des corps.
Le printemps culmine dans la Feria de Abril, deux semaines après la fin de la Semaine Sainte mais se montre déjà depuis une semaine. Pendant que ma ville natale croule sous la neige et le froid, dans Séville, les hirondelles sillonnent le ciel crépusculaire et, surtout, naissent des follicules de fleurs d’oranger sur la place San Leandro et dans le Corral. Dans même pas un mois, les premières vont éclore et envelopper la ville d’un cocon amniotique.
Rien de baroque ici, mais la simplicité touchante d’un petit embryon dont on aurait aimé que Ponge l’eût connu.



Séville, insupportable en été et bien humide en décembre et janvier, ne vit que pour le printemps. Nombre de poètes ont chanté cette saison bénie, et on doit y voir surtout un sens symbolique qui se décuple en Andalousie : c’est le retour de la vie, la naissance d’un monde chaque fois neuf, l’espérance d’une résurrection annuelle des âmes et des corps.
Le printemps culmine dans la Feria de Abril, deux semaines après la fin de la Semaine Sainte mais se montre déjà depuis une semaine. Pendant que ma ville natale croule sous la neige et le froid, dans Séville, les hirondelles sillonnent le ciel crépusculaire et, surtout, naissent des follicules de fleurs d’oranger sur la place San Leandro et dans le Corral. Dans même pas un mois, les premières vont éclore et envelopper la ville d’un cocon amniotique.
Rien de baroque ici, mais la simplicité touchante d’un petit embryon dont on aurait aimé que Ponge l’eût connu.


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